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Normandie - Ger - Grès

XIXe siècle 

Domaine d’utilisation :

Vie des champs ; coutumes

Désignation / dénomination :

Cor / trompe d’appel et d’alerte

Dimensions / contenance : L 35cm ; l 22cm ; Ø pavillon 11cm ; Ø embouchure 2,5

Description :

Trompe formé d’un tuyau de terre évasé en pavillon et enroulé à un tour, l’embout attaché sous le pavillon par un anneau de terre.

Commentaires :

Était utilisé pour appeler les travailleurs aux champs pour les repas. Servait également à appeler les cochons. Voir Claude ROGÈRE, les poteries de Martincamp, Rouen 1971, p.5.

Selon Paul CORDONNIER-DÉTRIE, 1937:
il fut utilisé pendant la Révolution contre les « brigands », « pour s’avertir les uns les autres en cas de danger ».
On s’en servit contre les loups jusque vers 1880 ». (le dernier loup en Normandie fut abattu en forêt d’Écouves dans l’orne en 1882)
« Les jeunes conscrits et tous ceux qui ont besoins de faire du bruit dans les fêtes et réjouissances publiques l’utilisèrent. »
« A la foire de la Madeleine à Mayenne, vers 1880-1890, on vendait des cors à tous les gamins, adolescents et gars de ferme qui rentraient chez eux en faisant un vacarme épouvantable. »
 

Les cors et les cornets étaient utilisés par les pèlerins qui se rendaient au Mont Saint-Michel :
« Le pèlerinage au Mont Saint-Michel, d'où qu'on vienne, n'est pas sans danger. Plus le trajet est long, plus le parcours est périlleux. Arrivé à proximité du but, en vue du sanctuaire michaélique, le pèlerin devait encore affronter le passage à sec des grèves, soit 2 à 3 km à partir de Beauvoir à pied au sud et près de 5 km à partir de Genêts au nord. On comprend mieux alors l'utilité des cors et des cornets qui font partie de l'attirail du pèlerin, pour à la fois signaler sa venue ou appeler à l'aide en cas de brouillard ou de tout autre péril, comme la tangue ou les sables mouvants. » JIGAN 1990
 

Il pouvait également se faire entendre à l’occasion de fêtes ou rites sociaux comme le Charivari. Voir Jules LECOEUR, 1884. Esquisses du bocage Normand. Tome II pp. 326-328.

Le son portait à plusieurs kilomètres

Il en existe de 3 types, à ma connaissance, en fonction de l’attache du tuyau au pavillon. Ils ont une ou 2 bandes d’argile appliquées pour fixer le tuyau au pavillon. - 1 seule bande (c’est le cas de celui-ci) - 2 bandes parallèles (exemplaire collection Ernest GRANDE à Passais-la-Conception) - 2 bandes qui se croisent (exemplaire de Landisacq)

L’usage du cor était très populaire au XIXe siècle, mais du fait de sa faible valeur, on y prit peu d’attention et ils sont devenus très rares de nos jours.

Excellent état, très forte sonorité..

Acheté à un antiquaire à Flers en 1987.

Sources et références :

Glossaire du Patois du Bocage et du sud de la Normandie de BUTET-HAMEL  dans Revue de l’Avranchin, 1925, tome 21 p. 199. Côner : v., souffler dans une corne pour la faire résonner comme une trompette.. – La bourgeouaîse a cosné pour qu’on z’aille faire dix heures (le plus important des nombreux repas du bocage)

Enquête sur la poterie en Basse-Normandie. Marthe MORICET. Musée de Normandie, 1949-1951. Journal de route du Laboratoire d’ethnographie régionale, pp. 81-87 et p. 96, (enquête ventilée par fiche au Musée de Normandie).
Trompe (Landisacq).
En forme de cor de chasse au pavillon légèrement aplati en ovale. Le petit tuyau qui se termine par l’embouchure est fixé sur le grand cornet du pavillon à l’aide de deux croisillons ornés de petits cercles estampés d’environ un centimètre de diamètre juxtaposés et portant quatre triangles disposés en croix.

Un cor en terre cuite. Paul CORDONNIER-DÉTRIE in Revue historique et archéologique du Maine, XCIII (1937) p. 173-178 

La « huée au loup ». dans Jules LECOEUR, 1884. Esquisses du Bocage Normand. Tome II pp. 152-153. 

De l’usuel à l’inutile. Poterie de Normandie XVIIe-XXe Siècles. Jean-Jacques BERTAUX et Jean-Marie LEVESQUE. édit. de l’Albaron, 1993, Musée de Normandie, Caen. Pièce 72B, photo et descriptif p. 29 et 106. (possiblement de Ger)

Les instruments à vent en terre cuite du XVIIIe siècle trouvés au Mont Saint-Michel (Manche). Claude JIGAN. In Revue archéologique de l'ouest, tome 7, 1990. pp. 131-136.

 

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